29/10/2009
« Parcours Phèdre / Hippolyte » de Robert Garnier et Jean Racine
Du 16 au 25 octobre 09 au 104
Mise en scène Robert Cantarella (Garnier)
Et Frédéric Fisbach (Racine)
Avec : Robert Cantarella, Frédéric Fisbach, Johanna Korthals-Altes, Laure Mathis, Nicolas Maury et Emilien Tessier.
Au départ j’avais assisté aux répétitions (très préparées et cadrées) de ces deux spectacles qui s’enchaînent, avec les mêmes comédiens, Garnier en première puis Racine.
J’avais adoré le « cours » qu’avait fait Cantarella sur la différence d’écriture, et d’époque entre les deux auteurs. La mise en lumière d’un Garnier très organique, plus proche de la matière, et plus immédiat, aux personnages pleins de fougue, et un Racine apeuré par le regard du Roi, plus réservé et plus désespéré, aux personnages connaissant leur destinée.
Les spectateurs disposés en U avec les comédiens jouant au centre, et reculant jusqu’au bout de l’immense atelier 04, quelques casques à disposition pour écouter le « mix » sonore de Alexandre Meyer en direct. Des habits d’aujourd’hui, la nourrice faisant la cuisine pendant la représentation, tous les comédiens sur le plateau, bref les ingrédients parfaits d’une mise en scène « moderne » ou cherchant à l’être sont réunis.
Je plonge directement dans l’extase emmenée par Nicolas Maury que je trouve extraordinaire, qui fait entendre le vers et le sens comme rarement j’ai entendu, avec une douceur et une force combinées, une fragilité et une maîtrise rares. Il est surprenant à chaque instant, nous secoue dès qu’il peut, plus que servir le texte il EST Hippolyte, dans chaque recoin de ses regards, de ses gestes. Il est suivi dans ses pas époustouflants par la sublime Johanna Korthals-Altes qui partage cette tessiture de jeu, avec autant de nuances et de folie. Elle est particulièrement phénoménale dans son adresse désespérée d’amour qu’elle jette en mots criés au public médusé.
Malheureusement je retombe avec les autres comédiens que j’ai trouvés plus communs, mais surtout dans l’expérience qui m’a été pénible, d’un Frédéric Fisbach qui joue le messager en faisant des grands gestes et des cris dignent du théâtre de boulevard. J’étais ce jour accompagnée d’une Australienne ne parlant pas français, qui pensa la même chose que moi des comédiens. Comme quoi il n’est pas besoin de parler forcément la langue pour savourer le travail de chacun.
La deuxième partie, Phèdre de Racine, est lue, le texte est projeté sur les murs. Il n’y a quasiment pas de jeu chez les comédiens qui malgré tout sont d’une sobriété agréable et qui parfois est quittée quelques instants, de manière juste. Le travail a été sur la langue, les vers sont découpés autrement et des silences sont intégrés, des syllabes soulignées, des e re muets… etc bref, comme un travail de partition. Je me suis totalement ennuyée sur ce passage, après l’envol du Garnier, la mollesse de ce traitement de Racine est accablante et surtout semble vaine, ou cherchant faussement un contre-poids.
No comment sur l’organisation du 104 et ce qui est présenté depuis un an, je trouve l’endroit complètement sous exploité et ne tenant pas ses promesses d’accessibilité de la culture, ni pour les uns ni pour les autres. La communication restant obscures et les facilités inexistantes.
A suivre donc ces deux comédiens absolument incroyables Nicolas Maury et Johanna Korthals-Altes.
22:57 Publié dans théâtre / spectacle vivant | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : johanna korthals-altes, nicolas maury


