14/07/2009

« Le Dindon » de Feydeau

Mise en scène : Julien Kosellek, compagnie Estrarre

Avec : Stéphane Auvray-Nauroy, Michaël Benoit, Gorka Berden, Coraline Chambet, Astrid Defrance, Laure Espinat, Nicolas Fustier, Tristan Gonzalez, Nicolas Grandi, Frederik Hufnagel, Bouzid Laiourate, Mathias Robinet et Julien Varin.

 

Théâtre de l’Etoile du Nord jusqu’au 26 juillet 09

 

Bien sûr il n’est pas très utile de raconter l’intrigue, où s’emmêlent invariablement amants, maris cocus et femmes adultères, voisins de passages et divers domestiques. En revanche est à noter ici une mise en scène vraiment astucieuse, moderne et extrêmement dynamique.

 

Dans une salle bien remplie, et notamment de personnes âgées (et oui, le dimanche c’est « partenariat avec le quartier » à l’Etoile du Nord), un jeune homme en short et veston fait l’appel et vérifie que nous sommes bien tous arrivés… La pièce démarre sur les chapeaux de roues car les comédiens sont dans la salle. Au bout de quelques minutes et quelques outrages, les premiers spectateurs choqués sortent. Pourtant c’est resté fort soft, et je ris en me demandant s’ils seraient morts devant un show de Jan Fabre ?

 

Les comédiens sont savoureux et nous rions de bon cœur, je suis peu habituée cependant aux commentaires qui fusent de la part de vieilles dames qui semblent découvrir le monde « ouh et ben il est bien attrapé maintenant ! »…

 

Une bonne astuce de mise en scène, outre les déplacements fluides des décors organisés par les comédiens eux-mêmes, c’est d’avoir recréé le hall de l’hôtel dans l’entrée du théâtre. Avec l’aide d’une caméra, nous suivons par retour sur écran la scène qui s’y joue. Dans les coulisses, avec le même procédé, sont filmées des scènes de salle de bain. Un petit film noir et blanc nous retrace également une ellipse du texte : l’arrestation par la police d’un mari infidèle.

 

Des personnages féminins joués par des hommes, une ambiance très « Père Noël est une ordure » au bon sens du terme, le tableau final est particulièrement réussi. Là encore une caméra nous montre une petite chambre construite sur le plateau, pendant que le reste des scène se joue devant nous. Des trésors d’imagination que je ne vous raconte pas tout, un rythme soutenu et voilà un Feydeau tout dépoussiéré ! Un bon moment de ce festival « On n’arrête pas le théâtre ». A noter le 15 juillet la reprise de Blanche Neige de Robert Walser (chroniqué ici le 26 juin 09).