26/07/2009

« Le Cirque des Mirages »

Avignon jusqu’au 31 juillet

Théâtre du Chien qui Fume

22h30

Avec Fred Parker et Yanowski

 

D’habitude je ralôche quand à Avignon est présenté ce que j’appelle du « hors sujet ». Déjà envahi de plus de 1000 spectacles dans le Off, le public ne sait plus où en donner de l’affiche et du flyer, je trouve que tous ce qui n’est pas du théâtre est en trop. Exit les flamencos et autre show Jazz, tours de danse, marionnettes et clowns, chansons françaises, ou encore des projections de cinémas, et claquettes… bref ça agace la puriste (et parfois un peu rigide j’avoue) que je suis…

Mais là, j’ai été transportée par la magie du Cirque des Mirages. C’est du cabaret-goth, ambiance freak show et cinéma des années 20, sur une musique plutôt années 40. Le duo parfaitement en osmose que forme Fred Parker au piano et Yanowski au chant et à la comédie, est merveilleux. Yanowski, immense silhouette dégingandée de noir vêtue, aux bras déliés et aux mains interminables, recrée sous nos yeux et nos oreilles ébahis, tout un univers de contes sombres et jubilatoires. Entre le vampire et le marchand de sable noir, il nous fait visiter son petit musée grévin des personnages marginaux et monstrueux, aux sombres secrets.

Son complice, Fred Parker le pianiste surnommé Chat-chat, tel un trampoline musical, l’enveloppe de mille attentions mélodieuses et de clins d’œil chantés, ou commentés, écrins de ses chansons.

Nous sommes comme au cinéma, ou comme au cirque, ou comme au freak show, émerveillés tels de grands enfants, épouvantés juste ce qu’il faut, transportés au loin dans leur Zeppelin macabre et on en redemande ! A déguster sans modération, ils repassent à Paris en novembre m’ont-ils chuchoté au coin de l’oreille…

 

A voir :

http://www.myspace.com/lecirquedesmirages

http://www.cirquedesmirages.com


24/07/2009

Avignon en Vrac

 

« L’Oiseau Bleu » d’après Maeterlinck

11h à la Fabrik Théâtre jusqu’au 27 juillet

Mise en scène de la compagnie Théâtre du Kronope et Isabelle Starkier

Avec Joëlle Richetta, Elsa Stirnemann-Coqueran et Giulio Berutto

 

Un très beau conte raconté et joué en musique, pour les enfants, même si le texte (magnifique) de Maeterlinck me paraît un peu compliqué et s’adressant d’avantage aux adultes.

Dans un paysage de tissus, nous suivons un petit garçon et une fée sans âge, à la recherche de l’Oiseau bleu, celui qui apporte le bonheur. Pour cela ils traverseront le pays des souvenirs (où il ne faut pas rester trop longtemps), le pays des « Gros Bonheurs » ceux que l’on voit de loin, celui des petits bonheurs simples, comme ceux de l’enfance et le pays des enfants pas encore nés. Et puis finalement l’oiseau toujours inaccessible, nous comprendrons que notre bonheur renaît comme le Phénix, et que l’amour est immortel… C’est bien joué, même si je n’ai pas trop compris la fin et que le théâtre pour enfant est trop « surjoué » pour moi.

 

« Le dernier jour d’un condamné » de Victor Hugo

15h au Magasin théâtre jusqu’au 31 juillet

Mise en scène et adaptation Jean-marc Doron

Avec Alain Leclerc

 

Il paraît que cela fait quinze ans qu’il joue cette pièce, dans ce théâtre… Au bout de trois phrases, j’ai eu envie de dormir. Le comédien a une voix rauque et poussée, comme quelqu’un qui aurait trop abusé de la boisson et du tabac, et joue en « émotion unique » du début à la fin. Dommage…

 

« Un Heureux Evènement » de Slawomir Mrozek

14h au théâtre de l’Ange jusqu’au 28 juillet

Mise en scène Laurence Randoulet

Avec Fabian Arning / Fabian Viguier (en alternance), Pierre Rochefort, Mathilde Christoforidis, Alexandre Lenis et Raphaël Potier

 

Petit ovni d’un auteur Polonais, dans la dernière vague des auteurs contemporains, cette pièce est à tiroirs… Histoire absurde d’un couple qui ne peut pas faire d’enfant, à cause d’un grand père tyrannique et qui se dit immortel, un voyageur permettra enfin que la descendance soit… Très bien joué, virevoltant et drôle, cette pièce est cynique à souhait et calmera tout le monde sur son envie d’enfant…

La mise en scène et les comédiens sont un peu hésitants malgré tout et il y a quelques longueurs dans le texte, mais en moyenne on passe un bon moment.

 

« Ne pas oublier de Vivre » de Frédéric Mancier et Bernard Larré

15h30 au théâtre Le Chien qui Fume jusqu’au 31 juillet

Mise en scène Régis Santon

Avec Claire Nebout, Tom Novembre et Mélaine

 

Nous ne saurons jamais leurs noms, mais « elle » est emprisonnée pour avoir tué son mari, sa mère et ses deux enfants, « il » est prêtre, accompagnateur spirituel.  Elle avait demandé une femme, elle a besoin de parler car elle est à l’isolement. S’engage alors plusieurs visites aux courts desquelles ces deux personnages vont s’apprivoiser, se parler et dévoiler tous leurs secrets. La fin est inattendue et révèle une vraie surprise, un tournant de l’histoire, la révélation de l’emprisonnement de chacun, dans ses hontes, ses rêves, son envie de rattraper une vie qui serait partie de travers… Le texte est assez insuffisant pour moi, et la fin me déçoit car elle « romantise » le propos. Il n’y a pas de direction d’acteurs mais ça on commence à être habitué, mais il faut dire que Claire Nebout porte la pièce à elle toute seule. Elle se débat, crie, hurle, pleure, tente une vraie palette d’émotions, et j’avoue avoir été saisie par sa puissance et sa force. Une comédienne rare qui a un vrai charisme et qui reste bien sous employée à mon goût.

 

 

 

 

 

 

 

20/07/2009

"Le livre d’or de Jan" d’Hubert Colas


Avignon jusqu’au 17 juillet 09

Mise en scène d’Hubert Colas
Avec Elie Hay, Elina Löwensohn, Édith Mérieau, Isabelle Mouchard, Mathieu Poulain, Thierry Raynaud, Frédéric Schulz-Richard, Thomas Scimeca et Xavier Tavera

Le Cloître des Carmes frissonne sous un vent qui s’est invité au théâtre. Les comédiens entrent un par un, guidés par la voix d’Hubert Colas, les décrivant. « Mais je ne suis pas là » conclue ses portraits doux. Et puis chacun se met à témoigner de son histoire, de sa rencontre, de ses souvenirs sur un certain Jan, disparu. Qui était-il ? Un artiste plasticien, un performer dans la mouvance des années 80, post Warholienne. Qui était-il ? Un être exceptionnel qui les a tous marqués, touchés, séduits, aimés… et quittés finalement, définitivement.

Au fur et à mesure, plus que Jan, se dessine d’autres personnalités, par résonance. Celles de ses proches, qui parlent d’eux en parlant de lui. La notre aussi, notre part de Jan, ou notre part bousculée par quelqu’un hors du commun au court de notre vie. L’intimité, le sexe, l’attachement fou, ou juste s’en approcher, l’effleurer. Ce qui fait que nous nous modifions au contact de l’autre, d’autant plus si celui-ci avec son regard d’artiste, nous dévoile une part du monde inexplorée.
Et puis il y a la folie qui nous guette, perdre pied, par passion, pour l’art ou encore, par désespoir. Celui que l’on va noyer dans les substances, dans les courses effrénées, dans notre envie de nous dissoudre dans l’autre. Ou juste dans notre quotidien simple empli d’un être qui maintenant n’est plus qu’un souvenir associé à des anecdotes.

Se mêlent aux émois, de drôles de petites performances burlesques et obscures qu’il faut s’approprier, vrai travail du spectateur des arts contemporains. Par ambiance ou hommage à l’artiste disparu, autant de petits clins d’œil un peu extrêmes, de l’homme nu jusqu’au lapin vivant qui court sur le plateau. Certaines sont très très drôles et rappellent l’ironie typique des performances de certains plasticiens. C’est peut-être un peu trop, ou à cause du froid qui nous saisit tous, mais quelques personnes sortent et quittent le spectacle. S’ils savaient à quel point leur acte s’inscrit parfaitement dans cette pièce…

A noter un dispositif de panneaux à cristaux posés au milieu du plateau, qui servent soit d’écran pour les vidéos, soit de vitrine en restant transparents, soit de mémoire en tournant légèrement opaques ou encore de support de textes. Très très beau résultat qui permet de changer constamment d’ambiance, sans changer le décor. Je pense aussi aux comédiens qui jouent dans ce froid et ce vent et doivent porter la voix vraiment pour qu’on les entendent… Petit clin d'oeil au lapin furieux qui a eu l’air de très bien connaître ses entrées et ses sorties.

Malgré un très bon moment, un spectacle vraiment riche, je trouve la fin trop longue. Dans une sorte d’épopée maritime obscure, qui n’est pas sans rappeler la fin de Bas Jan Ader, artiste Néerlandais des années 70 disparu en mer, on se noie avec les comédiens. Le spectacle aurait dû durer une heure de moins car on comprend le propos qui ensuite se dilue.

Encore une spéciale dédicace à Thierry Raynaud, qui porte les monologues les plus lourds et Thomas Scimeca qui sait être à la fois drôle et fin. Deux vraies intelligences d’acteurs.

Et spéciale dédicace to me aussi : J’ai assisté à trois présentations de ce travail avant qu’il ne soit terminé et j’ai vraiment bataillé pour assister enfin au résultat final (raté le train, payé ma place au dernier moment, du convaincre un ami de m’emmener en voiture depuis Marseille)… que ne ferions nous pas pour l’amour du théâtre !

14/07/2009

« Le Dindon » de Feydeau

Mise en scène : Julien Kosellek, compagnie Estrarre

Avec : Stéphane Auvray-Nauroy, Michaël Benoit, Gorka Berden, Coraline Chambet, Astrid Defrance, Laure Espinat, Nicolas Fustier, Tristan Gonzalez, Nicolas Grandi, Frederik Hufnagel, Bouzid Laiourate, Mathias Robinet et Julien Varin.

 

Théâtre de l’Etoile du Nord jusqu’au 26 juillet 09

 

Bien sûr il n’est pas très utile de raconter l’intrigue, où s’emmêlent invariablement amants, maris cocus et femmes adultères, voisins de passages et divers domestiques. En revanche est à noter ici une mise en scène vraiment astucieuse, moderne et extrêmement dynamique.

 

Dans une salle bien remplie, et notamment de personnes âgées (et oui, le dimanche c’est « partenariat avec le quartier » à l’Etoile du Nord), un jeune homme en short et veston fait l’appel et vérifie que nous sommes bien tous arrivés… La pièce démarre sur les chapeaux de roues car les comédiens sont dans la salle. Au bout de quelques minutes et quelques outrages, les premiers spectateurs choqués sortent. Pourtant c’est resté fort soft, et je ris en me demandant s’ils seraient morts devant un show de Jan Fabre ?

 

Les comédiens sont savoureux et nous rions de bon cœur, je suis peu habituée cependant aux commentaires qui fusent de la part de vieilles dames qui semblent découvrir le monde « ouh et ben il est bien attrapé maintenant ! »…

 

Une bonne astuce de mise en scène, outre les déplacements fluides des décors organisés par les comédiens eux-mêmes, c’est d’avoir recréé le hall de l’hôtel dans l’entrée du théâtre. Avec l’aide d’une caméra, nous suivons par retour sur écran la scène qui s’y joue. Dans les coulisses, avec le même procédé, sont filmées des scènes de salle de bain. Un petit film noir et blanc nous retrace également une ellipse du texte : l’arrestation par la police d’un mari infidèle.

 

Des personnages féminins joués par des hommes, une ambiance très « Père Noël est une ordure » au bon sens du terme, le tableau final est particulièrement réussi. Là encore une caméra nous montre une petite chambre construite sur le plateau, pendant que le reste des scène se joue devant nous. Des trésors d’imagination que je ne vous raconte pas tout, un rythme soutenu et voilà un Feydeau tout dépoussiéré ! Un bon moment de ce festival « On n’arrête pas le théâtre ». A noter le 15 juillet la reprise de Blanche Neige de Robert Walser (chroniqué ici le 26 juin 09).

 

02/07/2009

Jad Wio en concert Maison des Métallos

 

Jad wio.jpg

Ce soir à la Maison des Metallos à Paris, deux évènements autour de Jad Wio, le groupe mythique gothico-rock français :

une exposition relatant toute l'histoire du groupe, avec des photos et l'univers si étrange et enivrant de son chanteur Denis Bortek, 

deux concerts (le 2 et le 3 juillet) avec de nombreux guests ! 

A ne pas rater...

Jad Wio le site 

Jad Wio le Myspace

 

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