29/07/2008
"Toujours le même fantasme" pièce de Frédéric Aspisi
Frédéric Aspisi « Toujours le même fantasme »
Théâtre l’Etoile du Nord, 19h30 du mercredi au dimanche.
Teasing : donner envie d’aller voir le spectacle sans en dévoiler les surprises. Exercice fort délicat auquel je dois malgré tout absolument me résoudre, puisqu’il se joue encore jusqu’au 3 août 2008.
Ensuite j’en parlerai d’avantage, dans un article plus approfondi.
Ici l’auteur et performeur, se livre (le mot est juste) au-delà du texte qu’il a écrit, au jugement du spectateur. Il le sait et le sujet de son texte ici délivré (le mot est juste) ne peut que porter à multiples réflexions. La première question est : puis-je aller au spectacle, me divertir et qu’est ce que je viens vraiment y chercher ? L’auteur nous parle du viol, du point de vue de celui qui va le fantasmer, et y puiser, malgré ce que nous pouvons en penser, une source d’inspiration.
Il convient ici d’aborder l’idée que l’on va être dérangé, bousculé ou choqué, mais radicalement dans l’incapacité de rester indifférent.
Frédéric Aspisi est un trapéziste du mot, il va nous emmener délicatement par la main sur le fil, avec précision et fermeté. Tantôt manipulateur, tantôt victime (d’incompréhension), il nous fait visiter le sujet par les 4 coins de la pièce qu’il a en tête. Un tour du propriétaire des émotions avec une mise en scène brillante et toujours surprenante, et une manière de jouer, ou de vivre son texte, ici la frontière est mince tant il excelle de justesse de ton, intense s’il en est.
La catharsis a opéré, j’en suis sortie légère comme une danseuse, peut-être était-ce de m’être un peu murée de protections pendant la pièce ? Quoiqu’il en soit, des dizaines de questions dans la tête, sur moi, sur l’œuvre en général, la création en particulier, la violence ici et maintenant, celle d’après aussi, celle des autres, ou la mienne… Les lisières entre ce à quoi on peut s’adonner pour l’art et la pensée, les limites que l’on s’accorde, et l’acceptation de la différence, ou pas. Je n’ai pas de réponse mais autant de pistes à débattre, et n’est ce pas le propre de l’homme que de sans cesse remettre en cause ses raisons d’être là, la mienne est décidément de discourir pour peu que le propos avance. Frédéric Aspisi nous offre des pistes plus qu’il n’en faut, on se prend à vouloir intervenir pendant son récit, prendre part ou se défendre, mais on ne peut pas alors il faut garder ce qui bouillonne pour soi, mais il nous donne aussi son aveu, son cri chuchoté, la raison de son acte ou de son non acte, dans un souffle, allez-y, pour le savoir…
14:42 Publié dans théâtre / spectacle vivant | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : théâtre frederic aspisi toujours fantasme



Commentaires
merci - moi ça me touche quand ça touche
Écrit par : aspisi frédéric | 31/07/2008
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